10/02/2008

Fès

Le paysage a changé. La verdure a laissé place à un paysage minéral d’altitude. Au milieu de la rocaille Fès surgit en oasis qui se répand dans les collines. Nous gagnons notre humble et très accueillant logis au sein de la vaste Medina. Outre les quelques premières boutiques de contrefaçon à l’entrée de la Medina, tout est authentique. Pas un touriste dans les parages pendant trois jours. Nos trois têtes blondes sont alors vites sollicitées par les milliers de marchands. Tapis, djellabas, chaussures, vestes, épices, lampes, bijoux font quelque peu flechir leur prix sous notre éxigence et agassement. Mais les gens sont accueuillants. On a été 1348 fois les bienvenus, 3459 fois ce n’était que pour le plaisir des yeux, une bonne centaine de fois on était ici chez nous, nous trois, la gazelle et ses deux gazous. Nous avons donc parcouru le dédale des milliers de ruelles de cette très charmante cité berbère, jusqu’à nous repérer avec facilité. Le soir un bon restaurant est le bienvenu. En terrasse ou dans une salle qui surplombe la grande porte d’entrée de la ville, les tajines, pastillas, brochettes, couscous défilent. Mais surtout le thé à la menthe (bien sucré) et les merveilleuses cornes de gazelles concluent au mieux la très bonne et longue journée écoulée.




























07/02/2008

Casablanca

Le métal orange se prend pour une plume. Nous atterrissons dans un décort vert surprenant. Les orangers accompagnent la route du train. Le ciel bleu inonde le parvis de la petite gare de Casablanca. Des centaines de petits taxis rouges nous attendent.


Et alors tout est gris. A l'image du film, les couleurs ne dépasseront pas les valeurs de noir et de blanc. La pollution a fait sa marque sur chacun des édifices de ce monstre de ville. Et ça grouille depuis des années. L'activité construit et détruit. La richesse et la culture côtoient au porte à porte l'extrème pauvreté et la ruine. Mais si Casa est à mes yeux privée de couleurs elle n'est pas pour autant privée de charme. Ses nombreux cafés dont les terrasses sont presque uniquement cotoyées par les hommes, ses trottoirs qui sentent le sale, le vieux et le thé à la menthe, ses minarets qui fendent le ciel entre un terrain vague et une barre HLM. Ses bus qui doublent ses mobilettes qui doublent ses ânes. C'est la ville, la vrai. Celle qui vie, qui bouge, qui craint, qui vieillie. Dans la medina, les enfants, les adultes, les poules, les touristes et les épices sont de sortie. Dans cette parenthèse, le monde est différent, plus coloré surement. Casablanca nous offre son dernier joyau tout jeune, la plus grande mosquée du monde. Si on la cherche bien on la trouve et elle apparaît tel un fantôme dans la brume et elle domine l'océan et la ville. Les nuages mangent les deux tiers de l'immensité de son minaret. Ici tout n'est que luxe, scultpture, or, technologie, gravure et religion. Casa nous a donc charmé, nous pouvons la quitter.


Le taxi rouge nous ramène à la gare bleue pour prendre le train orange qui traverse les prés verts.


06/02/2008

Une Crique sur Terre



Bon je n'ai aucune excuse, c'est vrai!! Le blog n'est plus en jachère à ca niveau là c'est la forêt vierge. Pas d'excuses, le cour d'eau n'était pas gelé, puisque le climat a plutôt été bon cet hiver pour moi. Je crois que je l'ai juste laissé filer sans moi. Je me suis arreté sur une petite crique laissant le temps passer. Et le temps passe. Horriblement. Rien ne va plus. Hier Carla chantait, aujourd'hui elle est première dame de France. Il y a deux ans je pleurais en découvrant le secret de Brokeback Mountain, maintenant je pleure la mort d'Heath Ledger. Il y a quelques jours Eloïse ne connaissait pas Aurélien Wiik, depuis elle s'est tenue à ses côtés sur scène. Et puis il y a les belles histoires. Elles commencent par une rencontre, un effleurement, puis elles évoluent en parallèle dans le bonheur et l'épanouissement, elles grandissent et s'impatientent, éxigent et comparent puis finissent par s'envoler.
Heureusement que je n'ai pas eu besoin de courir derrière le temps pour vivre cet hiver. Car j'ai eu droit à mon premier mois de janvier libre depuis que je suis sur cette Terre, et j'ai profité de cette accalmie pour voyager. C'est ma plus féroce envie, mon but en soi, mon péché mignon du moment, le Voyage. Je ne tiens plus en place et je veux m'offrir la Terre. Alors, après la venue d'Arthur dans mon humble auberge espagnole, je me suis offert un voyage de 10 jours au Maroc en compagnie de deux amis. C'est ce que je m'en vais compter dans les prochains articles à paraître. Puis Japon, Portugal, Andalousie et Inde ou Mexique feront l'affaire de ma joie de vivre pour les mois à venir. Maestro !!

30/12/2007

Bilan




Il est bien entendu plus dur que je n'avais osé imaginer de "pondre" en ce moment de retrouvailles, de digestions et de glandouilles. Les journées se succèdent plus vides que les nuits... C'est donc dans l'effort que je me force à m'efforcer de tenter une tentative de bilan.
Le premier (parce que je souhaite les compartimenter) qui me vient à l'idée quand je pense "premier-semestre-de-fou-furieux-à-Madrid" concerne les rencontres.
J'ai vécu quasiment plus d'un mois à faire des rencontres multiples, d'espagnols, d'étrangers et de français (pour qui j'avais pourtant d'horribles préjugés injustifiés et injustifiables). Je crois qu'ayant choppé le virus du bon parisien de base, en étant donc un, j'ai réagi avant de connaître, j'ai jugé sans savoir, je me suis trompé et j'en suis très heureux. Madrid me soigne et m'éloigne. Je disais donc un mois complet à rencontrer, rencontrer, rencontrer...dans un premier temps ça fait beaucoup de rencontres, peu de personnes à qui tu peux te confier, peu de gens qui te connaisse...très bien c'est exactement ce qu'il me fallait. La vérité peut éclater au jour le jour, mes nouveaux amis me connaîtront tel que je suis réellement et j'espère bien rentrer avec cette lourde libération à Paris. Bon évidemment, on ne peut garder contact avec tout le monde, mais contrairement encore à ce que j'ai pu projeter, je ne suis pas entouré d'un groupe "réduit", et le vie n'est qu'une inlassable valse au milieu de tous, une balade d'un rire à l'autre. Si je parle de tout cela d'ailleurs, c'est que j'ai envie de les remercier pour tout ce qu'ils m'ont apporté en l'espace de quelques mois, pour m'avoir fait vivre ces délicieux moments qui ne demandent qu'à se poursuivre au second semestre, pour m'avoir fait grandir, et m'avoir "appris la vie"...Et je m'adresse à chacun d'entre vous, spécifiquement, particulièrement, véritablement (et en autres adverbes en ement), les choses ont été faites pour que nous nous rencontrions ce n'est pas un hasard.
Bises à tous et au passage, Joyeuses Fêtes.

23/12/2007

Entr'acte

Le petit cours d'eau est glacé, le jardin, en jachère...
J'y reviens en cette fin de froid décembre casser la glace et couper l'herbe. Le temps s'y prête.
Je vais m'y prendre tranquillement, premièrement je vais légèrement faire fondre le gel, je vais d'abord ramassé les feuilles mortes qui tombent des arbres madrilènes. Je n'écrirai que quelques lignes, les premières de l'hiver, les dernières de cette moitié d'expérience étrangère pour introduire à des formes de bilans, des récapitulatifs depuis "L'Ouverture" qui préconisait une évolution positive, une graduation hyperbolique du cheminement de ma vie à partir de mois d'août. Car je suis ce genre de personnage qui prend plaisir à se poser, à contempler, à analyser, décortiquer et déduire. J'aime les rapports, les chiffres, les archétypes, les généralités, les souvenirs, leur récits et les conclusions. j'aime me confronter avec les suppositions passées de Madame Soleil.
C'est donc en cette période de retrouvailles, de festivités et d'activités diverses que je vais essayer de me prêter le plus assidûment possible à cet exercice et d'avoir un peu plus la main verte.

26/11/2007

Que viva la noche...que viva el amor



Toujours le même refrain, mais il est bon de l' attendre.

Au milieu du boulot, les soirées leurs bouffées d'air (enfumé), discussions, rires, retrouvailles, rencontres, musique, toujours la musique, les photos et surtout donc, les souvenirs :
17/11/07 soirée chez Damien et Ines :
Ines, Ana et moi
re en moins bien
Sandra, Victor et Ines
Sandra, Ines, Julie, Damien, Aurélie et Caro
Ana et moi
Camille et Carlos
Ines et moi
Camille, Carlos et moi
Mark, Andreas et Sebastian
Sandra, Ines et Camille
Camille, Ana et moi
Sandra et Carlos
Sandra et Ana
Sandra, Greg et Ana
Camille et moi

24/11/07 soirée chez Camille :

Louis, moi et notre harem

Jeunes de toutes nations, vous êtes l'avenir, l'espoir. Jeunes, pupilles de l'Europe, le sort de la planète est entre vos mains...

Louisa, André et un sombre crétin

La suite des photos arrive en masse dans les deux jours qui viennent...

21/11/2007

Noviembre




En ce moment je suis souvent seul,

La pluie est venue s'effondrer sur la capitale espagnole, et quelle pluie! Celle qui vous trempe les trois couches du manteau au T-shirt, qui fait déteindre vos Converses hyper-perméables sur vos chaussettes devenues bleues, qui fait goûter les cheveux trop longs sur la nuque gelée. Une bonne saucée quoi! Les rendez-vous à Sol ont disparus avec le soleil d'ailleurs. Les soirées se font de plus en plus rare. Mon intérêt s'en éloigne d'ailleurs. Mais ce n'est pas tant la faute des trombes d'eau que celle du boulot qui grogne, qui s'impatiente, qui gronde, qui finalement sans toquer à la porte débarque aussi en trombe. Les cours se succèdent, les passionnants s'alternent avec les plus chiants et à la sortie de l'un d'entre eux j'ai eu la joie de découvrir que mon vélo avait disparu! Un puto hijo me ha robado mi bici! L'argent s'envole aussi. Enfin du moins pour ce qu'il en reste. Pourtant je n'ai pas fait de plus gros frais que ça. Et on en est là, rien dans le frigo, tout dans les rayons alléchants ou derrières les vitrines attirantes qui étalent les belles vestes, les beaux pulls chauds, les superbes pompes, les écharpes en laine, les chemises rayées et les pantalons en feutre à carreaux (c'est un style, je l'admets)...J'ai hâte de bien rebouffer! J'attends les fêtes pour ça avant tout. Pour ça, pour la famille et les amis qui manquent. J'attends le retour d'un soleil même pâle, qui feraient briller les pavés de la ville délavée. J'attends les ultimes soirées de l'année, celles qui fêtent la fin des jurys, les au revoirs, les retrouvailles...Comme d'habitude je me complais à noircir le tableau qui n'est que gris clair. Dans la solitude ça aurait été le bad total, mais là tout va plutôt pas mal en vérité, surtout une fois ces foutues lignes écrites...

En ce moment je ne me sens pas seul.